Le jour où je travaille

Le travail est un des gros problèmes des parents d’enfants handicapés.

C’est d’ailleurs un sujet que nous avons abordé lors de la dernière matinée avec les autres parents du SESSAD :

Comment concilier le travail et le suivi de nos enfants ?

Bah c’est rarement possible.

En gros toutes les mamans du SESSAD ont cessé de travailler pour pouvoir assurer le suivi de leur enfant, faire les aller/retour, assurer les bilans, rendez-vous médicaux etc …

On doit être 2 à bosser sur 10.

Et même en parlant de ce problème entre nous, on n’arrive pas à trouver une solution.

On en rigole un peu jaune en mimant un éventuel entretien d’embauche :

« Bonjour je suis intéressée par le poste que vous proposé à mi-temps (oui n’abusons pas, le temps plein c’est dans nos rêves).

Serait-ce possible d’avoir mon lundi matin, mon mercredi après-midi et mon vendredi matin svp ?

Ah non ça ne vous arrange pas ?

Zut parce qu’en fait c’est pas vraiment négociable Monsieur. »

A titre d’exemple, j’ai commencé le mois dernier avec un super employeur qui s’est calé sur le suivi de mon fils (sachant quand même que c’était pour 2 mois seulement).

Mais dès le mois de juillet, je vais arriver 2 midi en retard et je pars plus tôt jeudi soir.

Oui car on a le bilan des tests d’évaluation de notre crevette et un rendez-vous dans un SESSAD pour poser un dossier.

Et quand on arrive comme moi par miracle à trouver un travail avec un employeur compréhensif, il reste les à-côtés à assurer : la course permanente entre le SESSAD et le travail.

Lundi matin 30 bornes : vite au SESSAD. On rentre (re 30), on mange au lance pierre et on file refaire le même trajet pour aller bosser.

Le mercredi c’est pire, je n’ai pas le temps de manger entre le taf le matin et le SESSAD l’après-midi. Compromis pris pour que je puisse me nourrir : c’est l’homme qui amène la Crevette au SESSAD et moi qui assure le retour. J’ai plus de temps voire trop car je finis à 12h30 et doit être au SESSAD (dans la même ville) à 15 heures.

Du temps qui pourrait être utiliser pour faire du ménage ou m’occuper de la maison mais non car soit je me retape 120 bornes le mercredi sans manger (2 aller/retour) soit 60 en mangeant mais en perdant du temps.

Remake le vendredi : repas au lance-pierre pour faire les 2 aller/retour.

Ah oui et il y a évidemment les petits plus de la vie : les appels de l’école ou du centre quand un est malade. Pour l’instant on est tranquille mais cet hiver je pense que ça ajoutera un petit pep’s supplémentaire à notre vie quotidienne.

Bref, quel employeur supporterait ça ?

Mais il faut bien manger ma brave dame et inutile de vous dire que les aides sociales ne suffisent pas à nourrir une famille (et pourtant elles coûtent un pognon de dingue).

Vous avez aussi le deuxième effet kiss-cool : la rupture du couple.

Un des couples du SESSAD se sépare et nombreux sont ceux qui craquent.

Là c’est le cercle vicieux : plus de soutien et un parent se retrouve souvent seul à gérer les enfants donc le suivi avec un revenu en moins.

Ce qui peut donner ce genre de drame.

Je nous considère comme des chanceux, aujourd’hui aucun de nous ne sacrifie sa vie professionnelle, on a 2 revenus (chouette on va payer plus d’impôt, ah ah) et malgré le jonglage permanent entre le travail et le SESSAD, on trouve notre rythme mais on vit dans une maison dégueulasse.

Alors on court, on fatigue, on se frite parfois mais tout va bien et mieux encore depuis que je travaille à nouveau.

Et puis soyons franc, après la PMA, on est un peu habitué à vivre au crochet d’un suivi médical/psy alors on est un peu rodé.

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2 réflexions au sujet de « Le jour où je travaille »

  1. Merci pour ce témoignage. Quand on n’est pas touché par ces difficultés, on ne peut pas imaginer tout ça.
    Courage pour le jonglage quotidien.
    Tu dis que c’était pour 2 mois seulement; est ce que c’est parce qu ensuite c’est le rythme des grandes vacances et qu’à la rentrée tu reprends pareil ou est ce que c’est un contrat court? Et d’ailleurs comment tu vas faire pendant l’été?
    Bisous

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  2. Je n’imagine pas en effet à imaginer à quel point tout cela représente une organisation, un stress et une fatigue au quotidien. On compatit mais en effet, on imagine aussi que l’employeur n’est pas toujours aussi compréhensif. J’espère que votre petite famille trouvera vite l’équilibre nécessaire à chacun.

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