Le jour où tout est superficiel

J’ai parfois l’impression qu’on vit une époque basé sur le superficiel.

Je constate dans mon entourage, amis ou famille, que les relations sont rarement approfondies et plus le temps passe, plus les gens se conforment à cette nouvelle façon de vivre.

Il y a un mélange de bataille du +++ et de désintérêt caché.

Prenons comme exemple un groupe d’amis que je connais, qui paraît super uni.

On fête les anniversaires, on garde les enfants les uns des autres, on fait plein de trucs ensemble bref, de l’extérieur un groupe d’amis quoi.

A un détail près, c’est la course au ++ et l’évasion vers le désintérêt.

Il ne faut pas dire qu’on va mal, d’ailleurs si on s’y frotte, le sujet va vite être détourné, survolé ou ignoré avec un sourire semi compatissant voir carrément nié si le malaise est raconté par un tiers « Mais noooon il se reprend en main […] mais noooon elle va aller mieux […] bah oui c’est la vie. »

Tout le monde va bien, que des wonder-mums qui font tout, tout le temps, toujours débordées mais qui gèrent grave, que des mecs sportifs et travailleurs qui surmontent tout.

Quand on est ensemble la conversation ne doit qu’être superficiel : les enfants, le travail, la météo.

N’essayez pas de parler politique ou société parce que c’est des sujets qui fâchent voyez-vous alors vite, il faut retourner au superficiel : il fait beau non ?

Dès qu’une conversation amène quelqu’un à hausser le ton, vite, il faut changer de sujet.

Il n’y a jamais d’emportement, jamais de mot plus haut que l’autre.

Tout ce petit monde ne s’énerve jamais, ne s’emporte jamais pour quoique ce soit, que ce soit les problèmes d’un tiers ou les drames sociétaux, il comprend tout, compatit avec toutes les situations même innommables ou se résigne « C’est la vie, on n’y peut rien« .

Un enfant qui se fait tuer par un chauffeur ivre ?

« Oui ça peut arriver c’est comme ça mais tu sais la vie du chauffeur est brisé aussi, ça peut arriver à tout le monde ».

Rien ne les offusque, ils ne sont indignés par rien.

Alors je suis une sanguine et comble de malchance, je suis un peu une cumularde dans la vie entre mon infertilité et le handicap de ma crevette.

Et pour moi ça ce n’est pas de l’amitié.

Je dois être bizarre parce qu’avec mes amies, mes vraies amies, on se demande si ça va et on se parle de nos problèmes des soirées entières, on s’énerve en parlant politique, on pleure en parlant de nos gros cafards.

Je ne suis pas une maman ++ qui fait tout et court tout le temps genre wonder-mum.

J’ai un caractère de cochon qui ne va pas du tout avec cette notion de l’amitié made in 21ème siècle.

Et si j’ai moins d’amies à cause de ça tant pis.

Je continuerai à m’offusquer, à m’énerver et à parler trop franchement.

Parce qu’on ne se change pas et quand je n’étais pas moi ça s’est mal terminé.

Je préfère être moi et avoir que quelques amies sincères.

Et vous ? Vous n’avez pas cette impression que l’amitié a changé de définition ?

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