Le jour d’après

De nombreux jours de beau temps.

Un printemps splendide, le soleil est bien là.

Sauf ce mardi 4 avril. Ce mardi il a plu toute la journée, il a fait froid, c’était gris.

Le ciel (et tout le monde sait à quel point j’y crois peu) pleurait l’arrivée d’un pure chieur de base parmi eux.

C’est qu’il était comme ça mon beau-père : so british sans aucune généalogie anglaise, pince sans rire, exigeant, pointilleux, gourmet à l’extrême avec un caractère de cochon, têtu comme vous n’imaginez pas.

Lui et moi on s’est aimé au premier regard, à la première parole.

C’était un mois de mars, le mois de mars 2009 pour être exact.

C’était l’anniversaire de ma belle-mère, mon chéri du moment (mon mari actuel, vous suivez ?) m’avait demandé de l’accompagner dans cette région angevine que je ne connaissais pas pour me présenter à ses parents à cette occasion.

On était ensemble depuis la fin août 2008.

Je les ai vus, je l’ai vu et je l’ai adoré.

Je crois qu’on a commencé à se lancer des piques au bout de genre … quoi ? 30 minutes peut-être, une heure maximum.

Il y a eu mon amour pour cette région, mon amour pour mon beau-frère, ma belle-mère mais mon beau-père … ah mon beau-père c’était différent.

Cette famille rencontrée alors est ma famille de cœur sans nul doute.

Ils m’ont non seulement accueillie à bras ouverts mais acceptée, comprise et aimée.

J’ai trouvé chez eux une compréhension de ma vie, de ma façon d’être, de moi, vraiment moi vous comprenez ? Pas moi derrière mes façades de rigolotes ou de provoc mais moi derrière mon amertume, mes angoisses, mes peines et mon mal être que mes proches considèrent souvent en levant discrètement les yeux au ciel.

L’expression dit « on ne choisi pas sa famille » mais moi je ne suis pas d’accord.

Soit on ne choisi pas sa famille de sang, ses gênes mais on choisi malgré tout quelque chose dans tout ça et on se sent parfois bien plus proche de certaines personnes que de sa famille.

Ce n’est pas méchant ni une critique, c’est comme ça.

Ma belle-famille est incontestablement de ceux-là.

On peut dire, définitivement qu’on est passé de l’autre côté de la barrière, vous savez cette barrière où les réunions se font plus lors des enterrements que des mariages ?

Je ne savais pas que ça commençait si tôt.

Un hasard bien pourri fait qu’aujourd’hui ma soeur vit la même chose avec sa belle-mère que nous avec mon beau-père.

Le crabe encore et toujours, tue encore et toujours.

Ensuite il faut répondre à la question omniprésente depuis des semaines : « où est papy ? », il faut regarder son mari pleurer pendant des heures, boire verre sur verre même si ça sert à rien, il le sait.

Le mot de la fin sera pour tous : ne faites pas l’autruche.

Si un ami/une connaissance vit la maladie fatale d’un proche, appelez le, demandez lui comment ça va, s’il tient le coup, comment va ce proche malade.

Le vivre, semaines après semaines est déjà tellement difficile mais le silence et la gêne de chacun (la mort ce sujet tabou) nous isole encore plus dans notre peine.

Oui c’est pas drôle mais j’ai eu besoin d’en parler, de me confier, de pleurer avec des proches et une seule personne osait me demander des nouvelles régulièrement.

Surtout dans ce cas spécial, quand on doit être fort pour notre mari/notre femme, quand on ne peut pas pleurer à la maison, pas montrer notre peine parce que lui ou elle souffre tellement plus que nous.

Bref, oui, il y a des sujets pas supers mais finalement ça n’arrange que nous de l’éviter, notre confort, notre peur de la mort.

Alors un merci à tout le monde pour avoir supporté mes articles bien tristes et déprimants, pour vos commentaires qui ont compensé.

 

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